Le cancer du côlon est un cancer qui se développe à partir des cellules de la paroi interne du côlon. Il fait partie des cancers colorectaux, avec le cancer du rectum. Son évolution peut être progressive et silencieuse pendant longtemps, ce qui explique l’importance du dépistage et de la consultation en cas de symptômes digestifs inhabituels.
Lorsque des signes apparaissent, ils ne sont pas spécifiques du cancer du côlon. Une modification persistante du transit, du sang dans les selles, des douleurs abdominales ou une fatigue inhabituelle peuvent avoir de nombreuses causes. Ils doivent néanmoins conduire à consulter afin d’en rechercher l’origine.
Le diagnostic repose notamment sur la coloscopie et l’analyse des prélèvements réalisés au cours de cet examen. Une fois le cancer confirmé, différents examens permettent de déterminer son stade et d’établir une stratégie thérapeutique adaptée. La chirurgie occupe une place centrale dans le traitement des cancers du côlon lorsqu’une intervention est possible.
Au Centre de chirurgie digestive et obésité des Deux Rives à Bordeaux, les équipes de chirurgie digestive prennent en charge les patients nécessitant une intervention chirurgicale dans le cadre de pathologies du côlon, en lien avec les autres spécialistes impliqués dans le parcours de soins.
Qu’est-ce que le cancer du côlon ?
Le cancer du côlon correspond au développement de cellules anormales et cancéreuses dans la paroi du côlon, qui constitue la majeure partie du gros intestin.
Dans la majorité des cas, le cancer colorectal se développe progressivement à partir d’une lésion initialement bénigne, appelée polype. Certains polypes, notamment certains adénomes ou lésions festonnées, peuvent évoluer au fil des années vers un cancer. Cette évolution explique l’intérêt du dépistage, qui peut permettre de détecter et retirer certaines lésions avant qu’elles ne deviennent cancéreuses.
Le cancer peut se développer dans différentes parties du côlon : côlon droit, côlon transverse, côlon gauche ou côlon sigmoïde. Sa localisation peut notamment influencer les symptômes et la stratégie chirurgicale.
Lorsque la maladie évolue, les cellules cancéreuses peuvent atteindre les ganglions lymphatiques situés à proximité de la tumeur ou, à un stade plus avancé, se propager vers d’autres organes. Le foie et les poumons font notamment partie des sites possibles de métastases.
Quels sont les symptômes du cancer du côlon ?
Le cancer du côlon peut ne provoquer aucun symptôme au début de son évolution. C’est l’une des raisons pour lesquelles le dépistage est important, même en l’absence de gêne digestive.
Lorsque des symptômes apparaissent, ils peuvent notamment prendre la forme d’une modification récente et persistante du transit intestinal. Une constipation inhabituelle, une diarrhée qui persiste ou une alternance entre diarrhée et constipation peuvent constituer des signes d’alerte.
La présence de sang dans les selles doit également conduire à consulter. Le sang peut être visible, rouge ou plus foncé, mais des saignements digestifs peuvent aussi être invisibles à l’œil nu. Une anémie (baisse de l’hémoglobine) découverte lors d’une prise de sang peut parfois être liée à des pertes sanguines digestives chroniques.
D’autres symptômes peuvent être observés :
- des douleurs ou des crampes abdominales persistantes ;
- une fatigue inhabituelle ;
- une perte de poids involontaire ;
- une diminution de l’appétit ;
- des ballonnements ou une sensation abdominale inhabituelle ;
- plus rarement, des nausées et vomissements ou des signes d’occlusion lorsque la tumeur gêne le passage intestinal (constipation prolongé et arrêt des gaz).
Ces symptômes ne signifient pas nécessairement qu’il existe un cancer. Ils peuvent être liés à de nombreuses maladies digestives bénignes. Leur persistance ou leur association justifie toutefois un avis médical afin d’en déterminer la cause.
Quand consulter en cas de symptômes digestifs ?
Il n’est pas nécessaire d’attendre que les symptômes deviennent importants pour consulter.
Une modification récente et durable du transit, la présence de sang dans les selles, une perte de poids inexpliquée ou une fatigue persistante doivent notamment être signalées à un médecin. Une consultation est d’autant plus importante lorsque plusieurs signes sont associés ou lorsqu’il existe des antécédents personnels ou familiaux de cancer colorectal ou de polypes.
Certaines situations nécessitent une prise en charge urgente. Une douleur abdominale importante associée à un ventre très gonflé, des vomissements et un arrêt des selles et des gaz peut notamment évoquer une occlusion intestinale et nécessite une évaluation médicale rapide.
Le cancer du côlon peut également être découvert sans symptôme, notamment dans le cadre du programme organisé de dépistage du cancer colorectal.
Comment dépister le cancer du côlon ?
En France, le dépistage organisé du cancer colorectal concerne les femmes et les hommes âgés de 50 à 74 ans qui ne présentent pas de risque particulier nécessitant un suivi spécifique.
Il repose sur un test réalisé à domicile à la recherche de sang invisible dans les selles. Ce test est proposé tous les deux ans dans le cadre du programme de dépistage organisé. Il est simple, indolore et pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie.
Un résultat positif ne signifie pas que la personne est atteinte d’un cancer. Il indique simplement qu’une présence de sang a été détectée et qu’une coloscopie doit être réalisée afin d’en rechercher l’origine.
La coloscopie peut mettre en évidence un polype, une autre lésion digestive ou une tumeur. Elle permet également de réaliser des prélèvements et, dans certaines situations, de retirer des polypes au cours du même examen.
Le dépistage peut également être adapté chez les personnes présentant un risque plus élevé, notamment en raison d’antécédents personnels ou familiaux. Dans ces situations, les modalités de surveillance sont déterminées individuellement par le médecin.
Comment diagnostique-t-on un cancer du côlon ?
Lorsqu’un cancer du côlon est suspecté, le diagnostic repose principalement sur la coloscopie.
Réalisée par un gastro-entérologue, la coloscopie permet d’examiner directement l’intérieur du côlon à l’aide d’un endoscope souple. Cet examen se déroule sous anesthésie et il est donc indolore. Si une lésion suspecte est observée, des biopsies peuvent être réalisées.
Les prélèvements sont ensuite analysés au laboratoire. L’examen anatomopathologique permet de déterminer la nature de la lésion et de confirmer ou non la présence de cellules cancéreuses.
Une fois le diagnostic confirmé, d’autres examens sont nécessaires afin d’évaluer l’étendue de la maladie. Un bilan sanguin peut notamment être réalisé, avec le dosage de certains marqueurs comme l’ACE (ou antigène carcino-embryonnaire) dans le cadre du suivi et du bilan initial.
Un bilan d’imagerie est également réalisé afin de rechercher une éventuelle extension de la maladie à distance. Selon les situations, il peut notamment comprendre un scanner du thorax, de l’abdomen et du pelvis.
Comment détermine-t-on le stade du cancer du côlon ?
Le stade du cancer est un élément essentiel pour déterminer le traitement le plus adapté.
Il tient notamment compte de la profondeur à laquelle la tumeur s’est développée dans la paroi du côlon, de l’éventuelle atteinte des ganglions lymphatiques voisins et de la présence ou non de métastases à distance.
De manière générale, les cancers de stade précoce sont limités à la paroi du côlon ou à ses tissus proches. Un cancer de stade III correspond notamment à une atteinte de ganglions voisins. Le stade IV correspond à la présence de métastases à distance.
Cette classification permet aux différents spécialistes de déterminer la stratégie thérapeutique. Le traitement peut ainsi être différent selon qu’il s’agit d’une tumeur localisée, d’un cancer avec atteinte ganglionnaire ou d’une maladie ayant développé des métastases.
Quels sont les traitements du cancer du côlon ?
Le traitement du cancer du côlon dépend de nombreux paramètres : localisation de la tumeur, stade de la maladie, caractéristiques biologiques de la tumeur, état général du patient et éventuelles autres maladies.
La prise en charge est généralement décidée de manière concertée entre plusieurs spécialistes. Elle peut associer chirurgie, chimiothérapie et, dans certaines situations, d’autres traitements médicamenteux notamment l’immunothérapie.
Pour les cancers du côlon localisés pouvant être retirés complètement, la chirurgie constitue le traitement principal. Selon le stade, une chimiothérapie peut être proposée avant ou après l’intervention.
Dans les formes plus avancées, notamment lorsqu’il existe des métastases, la stratégie thérapeutique est adaptée à chaque situation. Certains patients peuvent bénéficier de traitements médicamenteux permettant de contrôler la maladie et, dans certains cas, une chirurgie des métastases peut également être discutée.
Même dans ces formes avancées de maladie métastatique, on peut avoir un objectif de guérison totale. Cela dépend de plusieurs facteurs, notamment le nombre de métastases, l’état général du patient, et la réponse obtenue après chimiothérapie.
En quoi consiste la chirurgie du cancer du côlon ?
La chirurgie consiste à retirer la partie du côlon contenant la tumeur ainsi que les ganglions lymphatiques situés dans la zone correspondante.
L’intervention est appelée colectomie. La portion de côlon retirée dépend de la localisation de la tumeur. Le chirurgien doit également respecter les principes oncologiques permettant de retirer la tumeur avec des marges adaptées et les ganglions nécessaires à l’analyse de la maladie.
Après avoir retiré la partie malade du côlon, le chirurgien réalise généralement une anastomose, c’est-à-dire une suture entre les deux extrémités intestinales restantes afin de rétablir la continuité digestive.
Dans certaines situations, notamment lorsque les conditions locales ou générales ne permettent pas de réaliser immédiatement cette suture, une stomie peut être nécessaire. Il s’agit d’une dérivation temporaire ou définitive de l’intestin vers la peau de l’abdomen. Cela nécessite un appareillage consistant en une poche de recueil des selles, collée à la peau de l’abdomen. La nécessité d’une stomie dépend du contexte chirurgical et de l’état du patient. Elle demeure assez rare dans le cadre du cancer du côlon.
La chirurgie du cancer du côlon peut-elle être réalisée par cœlioscopie ?
Selon la localisation de la tumeur, son extension et les caractéristiques du patient, la chirurgie peut être réalisée par voie ouverte (ou laparotomie) ou par cœlioscopie.
La chirurgie cœlioscopique repose sur plusieurs petites incisions permettant d’introduire une caméra et les instruments chirurgicaux dans l’abdomen. Elle permet au chirurgien de réaliser la résection de la portion de côlon concernée tout en limitant la taille des incisions par rapport à une chirurgie ouverte. Cela permet une diminution des douleurs et une récupération plus rapide en post-opératoire.
Le choix de la voie d’abord ne dépend pas uniquement de la préférence technique. Il tient compte de la situation oncologique, des antécédents chirurgicaux, de la morphologie du patient et des conditions nécessaires pour réaliser l’intervention dans de bonnes conditions.
La coelioscopie peut se pratiquer avec des instruments “conventionnels” ou à l’aide de l’assistance robotique: elle permet une meilleure vision et une meilleure précision dans le gestes du chirurgien.
La chirurgie peut également être convertie en chirurgie ouverte lorsque cela est nécessaire pour assurer la sécurité du patient ou permettre une résection adaptée.
Quelles sont les suites après une chirurgie du côlon ?
Après une colectomie, une période de surveillance est nécessaire afin de contrôler la douleur, la cicatrice, la reprise du transit et l’alimentation.
La reprise de l’alimentation est progressive en fonction de l’intervention et de l’évolution postopératoire. La mobilisation est également encouragée rapidement, selon les recommandations de l’équipe médicale.
La durée d’hospitalisation dépend de la technique utilisée, de l’importance de l’intervention et de l’état général du patient. Elle est même envisageable en chirurgie ambulatoire (sans nuitée à la clinique) dans des cas particuliers.
La pièce opératoire et les ganglions retirés lors de l’intervention sont analysés au laboratoire. Cette analyse permet notamment de préciser le stade pathologique du cancer et de déterminer si des traitements complémentaires, comme une chimiothérapie, doivent être discutés.
Le suivi ne s’arrête donc pas après l’intervention. Il repose sur un calendrier d’examens adapté au type de cancer, à son stade et aux traitements réalisés.
Peut-on prévenir le cancer du côlon ?
Il n’est pas possible d’éviter tous les cancers du côlon, mais certaines mesures contribuent à réduire les facteurs de risque et surtout à détecter précocement la maladie.
La participation au dépistage organisé entre 50 et 74 ans constitue un moyen essentiel de détecter un cancer à un stade précoce ou de repérer certaines lésions précancéreuses. Le dépistage permet notamment d’identifier des polypes qui peuvent être retirés avant leur éventuelle transformation en cancer.
Une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, la limitation de la consommation d’alcool et l’absence de tabagisme participent également à une démarche globale de prévention.
Les personnes présentant un risque particulier, notamment en raison d’antécédents familiaux ou personnels, peuvent bénéficier d’une surveillance spécifique. Il est alors important de signaler ces antécédents à son médecin afin de déterminer les modalités de suivi adaptées.
Quand consulter un chirurgien digestif à Bordeaux ?
La découverte d’une tumeur du côlon ne signifie pas systématiquement qu’une intervention chirurgicale est immédiatement nécessaire. Le parcours de soins commence par un bilan permettant de préciser le diagnostic et l’étendue de la maladie.
Lorsque la chirurgie est indiquée, une consultation avec un chirurgien digestif permet d’expliquer le principe de l’intervention, la portion de côlon concernée, la voie d’abord envisagée et les différentes étapes de la prise en charge.
Au Centre de chirurgie digestive et obésité des Deux Rives à Bordeaux, à Floirac, et à Langon, les Docteurs Vincent Assenat, Pierre Brinas, Marc-Olivier Francois, Vincent Launay et Eva Laurent prennent en charge les pathologies digestives nécessitant une approche chirurgicale. La prise en charge du cancer du côlon s’inscrit dans un parcours multidisciplinaire, en lien avec les gastro-entérologues, oncologues, radiologues, anatomopathologistes et autres professionnels impliqués selon la situation.
En cas de symptômes digestifs persistants, de sang dans les selles ou de modification inhabituelle du transit, une consultation médicale permet d’en rechercher la cause. Il ne faut pas attendre l’apparition de douleurs importantes pour demander un avis.
Cancer du côlon : l’importance d’un diagnostic précoce
Le cancer du côlon peut évoluer silencieusement pendant une longue période. Les symptômes, lorsqu’ils apparaissent, peuvent être discrets et ne sont pas spécifiques de cette maladie.
Le dépistage organisé proposé entre 50 et 74 ans permet de rechercher du sang invisible dans les selles et d’orienter vers une coloscopie lorsqu’un résultat est positif. En présence de symptômes ou de facteurs de risque particuliers, le parcours diagnostique peut être différent et doit être adapté au cas par cas.
Lorsque le diagnostic est posé, le stade de la maladie guide la stratégie thérapeutique. La chirurgie constitue le traitement principal des cancers du côlon pouvant être retirés, avec une éventuelle chimiothérapie selon les caractéristiques et l’extension de la maladie.
À Bordeaux, une consultation spécialisée permet d’évaluer la situation, d’expliquer les différentes étapes de la prise en charge et de déterminer, en lien avec l’ensemble de l’équipe médicale, le traitement le plus adapté à chaque patient.