La fissure anale correspond à une petite déchirure de la peau qui recouvre la partie basse du canal anal. Fréquente chez l’adulte, elle peut provoquer une douleur parfois très importante au moment des selles, souvent accompagnée de traces de sang rouge sur le papier toilette.

Dans la majorité des cas, une fissure anale récente peut cicatriser avec un traitement médical adapté et une prise en charge de la constipation. Lorsque la plaie persiste, récidive ou devient chronique, une prise en charge spécialisée peut être nécessaire et, dans certaines situations, une intervention chirurgicale peut être envisagée.

Au Centre de chirurgie digestive et obésité des Deux Rives à Bordeaux, une équipe spécialisée prend en charge les pathologies relevant de la chirurgie digestive et proctologique.

Qu’est-ce qu’une fissure anale ?

Une fissure anale est une plaie correspondant à une petite déchirure de la muqueuse et de la peau du canal anal. Elle se situe le plus souvent sur la partie postérieure de l’anus, mais peut également apparaître ailleurs dans certaines situations, notamment après un accouchement ou un traumatisme.

Une fissure récente est généralement superficielle. Lorsqu’elle persiste pendant plusieurs semaines, elle peut évoluer vers une forme chronique avec une plaie plus profonde et des modifications des tissus autour de la fissure, notamment une petite excroissance cutanée appelée marisque ou capuchon muqueux.

La fissure anale est une affection bénigne, mais elle peut être particulièrement douloureuse. La douleur peut également entretenir un cercle vicieux : la contraction réflexe du sphincter anal augmente la douleur et peut gêner la cicatrisation de la plaie.

Quels sont les symptômes d’une fissure anale ?

Le symptôme le plus caractéristique est une douleur anale survenant pendant l’émission des selles. Elle peut être décrite comme une brûlure, une coupure ou une sensation de déchirure.

La douleur peut persister après être allé aux toilettes, parfois pendant plusieurs heures. Elle peut conduire certaines personnes à appréhender les selles et à se retenir, ce qui favorise la constipation et rend le passage des selles encore plus douloureux.

Une fissure anale peut également provoquer de petites rectorragies. Le sang est généralement rouge vif et présent en faible quantité, par exemple sous forme de traces sur le papier toilette ou à la surface des selles.

Des démangeaisons ou une gêne locale peuvent aussi être présentes.

Pourquoi une fissure anale fait-elle aussi mal ?

La douleur importante liée à une fissure anale s’explique notamment par la présence du sphincter anal dans cette zone.

Lorsqu’une fissure apparaît, le passage des selles provoque une douleur qui entraîne involontairement une contraction du sphincter. Cette contraction augmente la pression au niveau du canal anal et peut diminuer l’apport sanguin local. La cicatrisation de la plaie peut alors être ralentie.

Un cercle vicieux peut ainsi s’installer : fissure, douleur, contraction du sphincter, constipation ou appréhension des selles, puis nouvelle irritation de la fissure.

C’est pourquoi le traitement d’une fissure anale ne consiste pas uniquement à soulager la douleur. Il vise également à obtenir des selles suffisamment souples et à favoriser la relaxation du sphincter afin de permettre à la plaie de cicatriser.

Quelles sont les causes d’une fissure anale ?

La constipation constitue l’un des principaux facteurs favorisant l’apparition d’une fissure anale. Le passage de selles dures ou volumineuses peut provoquer une petite déchirure au niveau du canal anal.

À l’inverse, des épisodes importants de diarrhée peuvent également irriter ou traumatiser la région anale et favoriser l’apparition d’une fissure.

Une fissure peut également survenir dans d’autres circonstances, notamment après un accouchement. Certaines infections, traumatismes locaux ou maladies inflammatoires intestinales, comme la maladie de Crohn, peuvent aussi être associés à des lésions anales.

Dans certaines situations, une fissure située sur le côté du canal anal, plusieurs fissures ou une fissure dont l’évolution est inhabituelle doivent conduire à rechercher une cause sous-jacente plutôt que de considérer qu’il s’agit d’une fissure anale classique.

Quelle différence entre fissure anale et hémorroïdes ?

La fissure anale et les hémorroïdes peuvent toutes deux provoquer du sang rouge lors des selles ou à l’essuyage, ce qui peut rendre difficile leur distinction pour le patient.

La douleur est toutefois généralement plus caractéristique de la fissure anale. Elle survient souvent au moment du passage des selles et peut persister plusieurs heures après. Les hémorroïdes peuvent également être douloureuses, notamment en cas de thrombose hémorroïdaire, mais leur présentation est différente.

Les hémorroïdes peuvent notamment provoquer une sensation de boule ou de gonflement au niveau de l’anus, ainsi que des saignements parfois plus abondants.

En cas de saignement anal, il est donc préférable de ne pas établir soi-même le diagnostic. Un examen médical permet de confirmer l’origine des symptômes et de rechercher d’autres causes possibles.

Comment diagnostique-t-on une fissure anale ?

Le diagnostic d’une fissure anale repose principalement sur les symptômes décrits par le patient et sur l’examen de la région anale.

Le médecin recherche notamment une petite plaie située au niveau du canal anal. Lorsque la douleur est trop importante, l’examen est réalisé avec précaution afin de ne pas aggraver les symptômes.

Un toucher rectal peut être réalisé lorsque cela est possible et nécessaire. Il permet notamment de rechercher d’autres anomalies. Selon la présentation de la fissure et les symptômes associés, le médecin peut également rechercher une maladie inflammatoire, une infection ou une autre affection proctologique.

Des examens complémentaires ne sont pas systématiquement nécessaires pour une fissure anale typique. Ils peuvent toutefois être proposés lorsque les symptômes sont atypiques, persistants ou associés à d’autres signes.

Comment traiter une fissure anale ?

Le traitement dépend notamment de l’ancienneté de la fissure, de l’intensité des symptômes et de son évolution.

Pour une fissure récente, le traitement vise principalement à obtenir des selles souples et faciles à évacuer, à réduire la douleur et à favoriser la cicatrisation.

La prise en charge de la constipation est donc essentielle. Une alimentation suffisamment riche en fibres, une hydratation adaptée et, lorsque cela est nécessaire, un traitement laxatif peuvent contribuer à rendre les selles moins dures. L’objectif est d’éviter les efforts de poussée et le traumatisme répété de la plaie.

Des traitements locaux et des antalgiques peuvent également être proposés pour diminuer les douleurs. Dans certaines situations, des traitements visant à réduire le spasme du sphincter anal peuvent être prescrits afin de favoriser la cicatrisation.

Quelle alimentation en cas de fissure anale ?

L’alimentation joue principalement un rôle dans la prévention et la prise en charge de la constipation.

L’objectif est de maintenir des selles suffisamment souples pour éviter qu’elles ne traumatisent à nouveau la fissure. Les fibres alimentaires peuvent être augmentées progressivement grâce notamment aux fruits, aux légumes, aux légumineuses et aux céréales complètes. Une hydratation suffisante accompagne cette augmentation des apports en fibres.

Il est également important d’éviter de se retenir lorsque l’envie d’aller à la selle apparaît. À l’inverse, il faut éviter de pousser de manière excessive ou de rester longtemps aux toilettes.

Ces mesures restent utiles après la cicatrisation, car la constipation persistante peut favoriser une récidive de la fissure anale.

Combien de temps faut-il pour qu’une fissure anale cicatrise ?

Une fissure récente peut généralement cicatriser avec un traitement adapté. La durée de cicatrisation varie toutefois selon les patients et selon l’ancienneté de la plaie. On retient souvent en pratique une durée de 2 mois pour une cicatrisation complète avec nette diminution des symptômes dans les deux premières semaines de traitement.

Certaines fissures guérissent en quelques semaines. D’autres deviennent persistantes, notamment lorsque la constipation continue, que le sphincter reste très contracté ou que la plaie est régulièrement traumatisée par le passage de selles dures. Malheureusement une fissure mal traitée ou négligée peut persister plusieurs mois.

Une fissure qui ne cicatrise pas malgré les mesures mises en place doit être réévaluée. L’objectif est notamment de vérifier qu’il s’agit bien d’une fissure anale classique et de déterminer si un traitement complémentaire est nécessaire.

Quand une fissure anale devient-elle chronique ?

Une fissure est considérée comme chronique lorsqu’elle persiste dans le temps et présente des signes de chronicité. La plaie peut alors devenir plus profonde et s’accompagner d’une marisque ou d’autres modifications locales. La situation la plus contraignante est celle d’une surinfection avec suppuration, abcès ou fistulisation, qui engage une prise en charge chirurgicale.

Les fissures chroniques peuvent être plus difficiles à traiter avec les seules mesures destinées à corriger la constipation. Un traitement médical spécifique peut être proposé et, en cas d’échec, un avis chirurgical peut être nécessaire.

Les fissures qui récidivent régulièrement nécessitent également une évaluation afin d’identifier les facteurs favorisant leur réapparition.

Quand faut-il consulter pour une fissure anale ?

Une consultation médicale est recommandée lorsque la douleur reste importante malgré les premières mesures, lorsque la fissure ne cicatrise pas, lorsqu’elle récidive ou lorsque les saignements sont importants ou répétés.

La présence de fièvre, de suintements ou d’une aggravation des symptômes doit également conduire à consulter. Une constipation persistante ou qui s’aggrave mérite également une prise en charge.

Il est particulièrement important de consulter lorsqu’un saignement anal apparaît pour la première fois. Même si les fissures et les hémorroïdes sont des causes fréquentes de sang rouge dans les selles, d’autres pathologies peuvent être responsables de rectorragies.

Quand faut-il opérer une fissure anale ?

La chirurgie est généralement rarement envisagée lorsque la fissure est devenue chronique ou lorsqu’elle ne répond pas suffisamment aux traitements médicaux. Elle peut également être discutée en cas de récidives ou de complications.

L’objectif de l’intervention est de permettre à la fissure de cicatriser en réduisant notamment les mécanismes qui entretiennent la plaie.

Plusieurs techniques peuvent être utilisées selon la situation. La sphinctérotomie consiste à réaliser une section contrôlée d’une partie du sphincter anal afin de diminuer sa contraction. Une fissurectomie peut également être réalisée afin de retirer les tissus de la fissure et de favoriser la cicatrisation. Dans certaines situations, une technique de reconstruction locale peut compléter le traitement.(Anoplastie)

Le choix de la technique dépend notamment de l’ancienneté de la fissure, de son aspect, des traitements déjà réalisés et du contexte propre à chaque patient.

Quelles sont les suites après une chirurgie de la fissure anale ?

Les suites dépendent de la technique utilisée et de l’importance de la fissure.

Une surveillance de la cicatrisation est nécessaire après l’intervention. Le transit doit rester suffisamment souple afin d’éviter que le passage de selles dures ne traumatise la zone opérée.

Après certaines interventions, une gêne ou des douleurs peuvent persister pendant la période de cicatrisation. La durée de récupération et la reprise des activités sont adaptées à la situation de chaque patient.

Comme pour toute intervention, les bénéfices et les risques du traitement chirurgical doivent être expliqués avant l’opération. Le choix d’une intervention se fait donc après discussion entre le patient et le chirurgien.

Fissure anale à Bordeaux : quand consulter un chirurgien ?

Une fissure anale récente peut souvent être traitée médicalement. En revanche, lorsque la douleur persiste, que la plaie ne cicatrise pas ou que les fissures récidivent, un avis spécialisé permet de réévaluer la situation.

Au Centre de chirurgie digestive et obésité des Deux Rives à Bordeaux, les Docteurs Vincent Assenat, Pierre Brinas, Marc-Olivier Francois et Eva Laurent prennent en charge les pathologies relevant de la chirurgie digestive et proctologique. Une consultation permet de confirmer le diagnostic, de rechercher une cause particulière lorsque cela est nécessaire et de déterminer si une prise en charge médicale ou chirurgicale est adaptée.

Fissure anale : une prise en charge progressive

La fissure anale est une affection fréquente, généralement bénigne, mais qui peut entraîner des douleurs importantes. La constipation et le passage de selles dures constituent des facteurs fréquents, tandis que la contraction réflexe du sphincter peut entretenir la douleur et ralentir la cicatrisation.

Dans la majorité des cas, le traitement repose d’abord sur la régularisation du transit, le soulagement de la douleur et des traitements favorisant la cicatrisation. Lorsque la fissure devient chronique, récidivante ou résistante aux traitements médicaux, une prise en charge chirurgicale peut être envisagée.

Une consultation permet de confirmer l’origine des symptômes et d’adapter le traitement à l’évolution de la fissure.