Le cancer du rectum fait partie des cancers colorectaux. Son traitement repose sur une prise en charge personnalisée, qui dépend notamment de la localisation de la tumeur, de son stade d’évolution et de l’état général du patient. Selon les situations, plusieurs traitements peuvent être associés : chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie ou traitements médicamenteux spécifiques.

Au Centre de chirurgie digestive et obésité des Deux Rives à Bordeaux, à Floirac et à Langon, la prise en charge chirurgicale s’inscrit dans un parcours de soins coordonné avec les autres professionnels de santé impliqués dans le traitement des cancers digestifs. Comprendre les étapes du diagnostic, les options thérapeutiques et le déroulement de l’intervention permet d’aborder ce parcours avec davantage de repères.

Qu’est-ce que le cancer du rectum ?

Le rectum constitue la dernière partie du gros intestin, juste avant le canal anal. Le cancer du rectum se développe à partir des cellules qui tapissent sa paroi interne, le plus souvent sous la forme d’un adénocarcinome.

Il appartient à la famille des cancers colorectaux, qui comprend également les cancers du côlon. Toutefois, sa localisation dans le bassin, à proximité de la vessie, de la prostate ou du vagin et des muscles et nerfs qui contrôlent la continence, présente des particularités importantes pour le choix du traitement.

La stratégie thérapeutique doit donc tenir compte de plusieurs éléments : la taille de la tumeur, sa profondeur dans la paroi rectale, l’éventuelle atteinte des ganglions voisins et la présence ou non de métastases à distance. Ces informations permettent de déterminer les traitements les plus adaptés à chaque patient.

Quels sont les symptômes du cancer du rectum ?

Au début de son évolution, un cancer du rectum peut ne provoquer aucun symptôme évident. Lorsqu’ils apparaissent, les signes varient d’une personne à l’autre et peuvent également être liés à des affections bénignes.

Les manifestations qui doivent conduire à consulter comprennent notamment :

  • La présence de sang rouge dans les selles ou de saignements par l’anus.
  • Des évacuations de glaires (liquide visqueux transparent) seules, ou accompagnant les selles.
  • Une modification récente et persistante du transit intestinal, avec constipation, diarrhée ou alternance des deux.
  • Une sensation d’évacuation incomplète après être allé à la selle.
  • Des envies fréquentes ou urgentes d’aller aux toilettes.
  • Des douleurs rectales ou abdominales persistantes.
  • Une fatigue inhabituelle, parfois liée à une anémie (baisse de l’hémoglobine).
  • Une perte de poids inexpliquée.

Ces symptômes ne signifient pas nécessairement qu’un cancer est présent. Les hémorroïdes, les fissures anales ou d’autres maladies digestives peuvent notamment provoquer certains de ces signes.

En revanche, il est important de ne pas attribuer automatiquement un saignement aux hémorroïdes, particulièrement lorsqu’il est nouveau, persistant ou accompagné d’autres symptômes. Une consultation médicale permet de rechercher son origine et de déterminer si des examens complémentaires sont nécessaires.

Comment le diagnostic du cancer du rectum est-il établi ?

Le diagnostic repose sur plusieurs examens complémentaires. Leur objectif est de confirmer la présence d’une tumeur, d’en préciser les caractéristiques et d’évaluer son extension avant de choisir le traitement.

La consultation et l’examen clinique

Le médecin interroge le patient sur les symptômes, leur date d’apparition et les éventuels antécédents personnels ou familiaux de cancer colorectal. Selon la situation, un examen clinique comprenant un toucher rectal peut être réalisé afin de rechercher une anomalie accessible à la palpation.

Cet examen ne suffit pas à établir un diagnostic définitif, mais il peut orienter les investigations suivantes.

La rectoscopie ou la coloscopie avec biopsies

La coloscopie permet d’examiner l’intérieur du rectum et du côlon à l’aide d’un endoscope muni d’une caméra. Cet examen se déroule sous anesthésie, il est donc indolore. Si une lésion suspecte est identifiée, des prélèvements peuvent être réalisés.

L’analyse de ces biopsies par un spécialiste en anatomopathologie permet de confirmer ou non la présence de cellules cancéreuses et de préciser la nature de la tumeur.

L’exploration du côlon dans son ensemble est également importante pour rechercher d’éventuelles lésions associées.

L’IRM pelvienne et le bilan d’extension

Lorsque le diagnostic de cancer du rectum est confirmé, des examens d’imagerie sont généralement nécessaires pour préparer la stratégie thérapeutique.

L’IRM pelvienne joue un rôle essentiel dans l’évaluation locale de la tumeur. Elle permet notamment d’étudier sa profondeur, sa proximité avec les structures voisines et l’éventuelle atteinte des ganglions régionaux.

Un scanner du thorax, de l’abdomen et du pelvis peut également être réalisé afin de rechercher une extension à distance, notamment au niveau du foie ou des poumons. Des analyses sanguines complètent le bilan selon les besoins.

L’ensemble de ces résultats permet de déterminer le stade de la maladie et de préparer une stratégie de traitement adaptée.

Comment le traitement du cancer du rectum est-il décidé ?

Il n’existe pas un traitement unique applicable à tous les cancers du rectum. Le choix dépend du stade de la maladie, de la position de la tumeur, de ses caractéristiques biologiques et de la situation médicale du patient.

La stratégie est discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), au cours de laquelle différents spécialistes confrontent leurs analyses. Selon les besoins, cette équipe peut réunir notamment un chirurgien digestif, un oncologue médical, un oncologue radiothérapeute, un gastro-entérologue, un radiologue et un anatomopathologiste. Au Centre de chirurgie digestive et obésité des Deux Rives, nous participons activement aux RCP d’oncologie digestive de la clinique Tivoli-Ducos à Bordeaux.

Les options thérapeutiques sont ensuite expliquées au patient, avec leurs bénéfices attendus, leurs risques et leurs conséquences possibles sur la vie quotidienne. Le parcours de soins est formalisé dans un programme personnalisé de soins.

Cette concertation est particulièrement importante pour le cancer du rectum, car l’ordre des traitements peut varier selon les caractéristiques de la tumeur.

La radiothérapie et la chimiothérapie avant la chirurgie

Pour certaines tumeurs du rectum, un traitement est proposé avant l’intervention chirurgicale. Il peut associer radiothérapie et chimiothérapie, selon le stade et les caractéristiques de la maladie.

La radiothérapie utilise des rayonnements ciblés pour détruire les cellules cancéreuses dans la zone traitée. La chimiothérapie repose sur des médicaments qui agissent contre les cellules tumorales. Lorsqu’ils sont associés, ces traitements peuvent contribuer à réduire la tumeur et à limiter le risque de récidive locale.

Dans certaines situations, un traitement médicamenteux plus complet peut être proposé avant l’opération. À l’inverse, pour certaines tumeurs très précoces, une prise en charge locale ou chirurgicale sans traitement préalable peut être envisagée.

La réponse au traitement initial est ensuite évaluée afin d’adapter la suite du parcours. Dans des cas sélectionnés, lorsque la réponse est particulièrement favorable, une surveillance rapprochée sans chirurgie immédiate peut parfois être discutée par une équipe spécialisée. Cette option ne concerne pas tous les patients et nécessite un suivi rigoureux.

L’objectif est de choisir la stratégie la plus appropriée tout en préservant, autant que possible, la fonction intestinale et la qualité de vie.

Comment se déroule la chirurgie du cancer du rectum ?

La chirurgie vise à retirer la tumeur avec des marges de sécurité adaptées ainsi que le tissu graisseux situé autour du rectum appelé mésorectum, contenant les ganglions lymphatiques associés. Elle constitue un élément central du traitement de nombreux cancers du rectum.

Les différentes techniques chirurgicales

La technique dépend principalement de la localisation de la tumeur, de son étendue et de sa proximité avec les muscles responsables de la continence anale (sphincter anal et muscles releveurs de l’anus).

Pour certaines lésions très précoces, une exérèse locale par voie endoscopique ou transanale peut être envisagée. Elle permet de retirer une lésion sélectionnée sans procéder à une résection complète du rectum.

Pour d’autres tumeurs, une intervention plus étendue est nécessaire. Elle consiste à retirer la partie du rectum atteinte, avec les tissus et les ganglions concernés. La qualité de l’exérèse et le respect des structures anatomiques voisines sont des éléments importants de la prise en charge.

Selon les caractéristiques de la tumeur et l’expérience de l’équipe, l’intervention peut être réalisée par cœlioscopie ou par chirurgie ouverte. La coelioscopie robot-assistée permet de mener l’intervention au travers de petites incisions, avec une caméra 3D offrant une vision optimale et des instruments avec une très grande précision. Cela optimise la qualité de l’exérèse chirurgicale. Le choix de la technique est expliqué au patient lors de la consultation préopératoire.

Peut-on préserver le sphincter anal ?

La possibilité de conserver le sphincter anal dépend notamment de la position de la tumeur et de sa proximité avec les muscles qui assurent la continence.

Lorsque les conditions oncologiques le permettent, le chirurgien peut retirer la partie atteinte du rectum puis rétablir la continuité digestive en raccordant les segments intestinaux restants.

Lorsque la tumeur atteint le sphincter ou qu’une marge de sécurité suffisante ne peut pas être obtenue en le préservant, une intervention plus étendue peut être nécessaire. Dans certaines situations, elle implique la création d’une stomie définitive.

Ces décisions sont prises au cas par cas. Elles doivent intégrer à la fois les impératifs de traitement du cancer, les risques opératoires et les conséquences fonctionnelles de l’intervention. Elles sont toujours expliquées au patient en détail lors de la consultation préopératoire.

Stomie temporaire ou définitive : dans quels cas ?

Une stomie correspond à une ouverture réalisée sur la paroi abdominale avec un abouchement de l’intestin pour permettre l’évacuation des selles dans une poche adaptée.

Après certaines opérations du rectum, une stomie temporaire peut être mise en place pour protéger la zone de raccordement (ou anastomose) entre les segments intestinaux pendant sa cicatrisation. Sa fermeture peut être envisagée ultérieurement, après vérification de la bonne évolution et en fonction de la situation médicale.

Dans d’autres cas, notamment lorsque le sphincter anal doit être retiré, une stomie définitive peut être nécessaire.

L’annonce d’une stomie peut susciter des inquiétudes. Le patient bénéficie alors d’explications sur son fonctionnement, les soins nécessaires et les adaptations du quotidien. Un accompagnement par des professionnels formés, notamment les infirmiers spécialisés dans les stomies (stomathérapeutes), peut faciliter cette étape. Une stomie n’implique par la nécessité de soins infirmiers à long terme pour son utilisation: le patient peut apprendre à s’en occuper en toute autonomie.

La stomie n’est pas systématique après une chirurgie du cancer du rectum. Sa nécessité dépend de la localisation de la tumeur, de la nature de l’intervention et des conditions de sécurité digestive.

Quelles sont les suites opératoires après une chirurgie du rectum ?

La durée d’hospitalisation et la récupération varient selon le type d’intervention, les traitements reçus avant l’opération et l’état général du patient.

Après la chirurgie, l’équipe médicale surveille notamment la douleur, la reprise du transit intestinal, l’alimentation, la cicatrisation et l’absence de complications. Une mobilisation précoce et une reprise progressive des activités sont généralement encouragées, selon les consignes de l’équipe soignante.

Des troubles du transit peuvent persister pendant la récupération. Certaines personnes présentent également des changements dans la fréquence des selles, des besoins plus urgents ou une sensation d’évacuation incomplète. Lorsque le rectum a été largement retiré, ces modifications peuvent nécessiter un accompagnement spécifique.

La reprise du travail, des activités physiques et des habitudes quotidiennes se fait progressivement, en fonction de l’évolution individuelle. Les recommandations données à la sortie de l’hôpital doivent être suivies et toute manifestation inhabituelle signalée à l’équipe médicale.

Comme toute intervention majeure, la chirurgie du rectum comporte des risques, notamment infectieux, hémorragiques ou liés à la cicatrisation de la suture intestinale. Le chirurgien explique les risques propres à chaque situation avant l’intervention.

Quel suivi après le traitement d’un cancer du rectum ?

La prise en charge ne s’arrête pas à la fin de la chirurgie ou des traitements complémentaires. Un suivi régulier est nécessaire pour surveiller l’évolution de la maladie et accompagner la récupération.

Le programme de surveillance est adapté au stade initial du cancer, aux traitements reçus et aux résultats des examens. Il peut comprendre des consultations médicales, des analyses sanguines, des examens d’imagerie et des coloscopies à intervalles définis par l’équipe soignante.

Une attention particulière peut également être portée à la nutrition, au transit intestinal, à la fatigue, à la douleur et à la qualité de vie. Selon les besoins, un accompagnement psychologique, diététique ou spécialisé dans les troubles fonctionnels peut être proposé.

Le suivi est organisé en coordination avec les différents professionnels impliqués dans le parcours de soins, dont le médecin traitant. Il est important de respecter les rendez-vous et de signaler tout symptôme nouveau ou persistant.

Consulter un chirurgien digestif à Bordeaux pour un cancer du rectum

Le diagnostic d’un cancer du rectum soulève de nombreuses questions concernant les traitements, le déroulement d’une éventuelle intervention, la récupération et les conséquences sur la vie quotidienne. Une consultation spécialisée permet de faire le point sur le dossier médical, de comprendre les options envisageables et de préparer les étapes du parcours de soins.

Au Centre de chirurgie digestive et obésité des Deux Rives à Bordeaux, à Floirac et à Langon, les Docteurs Vincent Assenat et Marc-Olivier François exercent dans le domaine de la chirurgie digestive et se sont surspécialisé en chirurgie colorectale. La consultation chirurgicale permet d’évaluer la place d’une intervention dans la stratégie thérapeutique et d’expliquer ses modalités en fonction de la situation du patient.

Le traitement d’un cancer du rectum nécessite une coordination avec les autres spécialistes concernés. La stratégie proposée dépend des résultats du bilan, des caractéristiques de la tumeur et des recommandations de l’équipe pluridisciplinaire.

Vous présentez des symptômes digestifs persistants ou vous avez reçu un diagnostic de cancer du rectum ? Une évaluation médicale permet de déterminer les examens et les soins nécessaires. En cas de diagnostic confirmé, le chirurgien digestif peut vous expliquer les options chirurgicales envisageables et leur place dans votre parcours de traitement.